Pascal Goumy
L'image d'un gamin en train de pleurnicher au tableau noir parce qu'il a oublié sa récitation est à ranger aux oubliettes. En tout cas à Laguenne. Dans la classe de CE1 de Jérôme Friedman, les enfants sont tous volontaires pour passer au tableau.
Faut dire que le dit tableau n'est ni en ardoise, ni conçu pour les feutres effaçables. C'est un tableau blanc interactif (TBI). Pour faire simple, c'est un tableau sensitif sur lequel est projeté le bureau d'un ordinateur portable géré par l'enseignant.
Comme ils le feraient avec le pointeur d'une souris sur un écran, les élèves se servent de leur main, ou d'un stylet spécial, pour ouvrir des dossiers, choisir des images, cibler une partie d'une image, ou encore lancer le navigateur Internet. « L'enseignant peut taper un texte de lecture chez lui et le présenter sur TBI le lendemain matin. Les enfants peuvent alors travailler sur un mot, sur les syllabes. Ce n'est pas un substitut, c'est un complément du tableau traditionnel », explique Eric Sauvezie, inspecteur de circonscription en charge des technologies et de l'information et de la communication pour l'éducation.
Un sacré complément. Avec le TBI, l'enseignant ou l'élève peut zoomer sur une photo ou encore ouvrir un fichier vidéo (pour le son, des enceintes ont été installées au dessus du tableau). On peut même brancher sur le tableau un visualiseur de sorte que toute la classe puisse observer en même temps des insectes par exemple.
« L'autre avantage du TBI est qu'il garde en mémoire les différentes étapes d'une leçon. Si un élève n'a pas compris, il suffit de rappeler la page en question », souligne Jérôme Friedman, lequel n'est visiblement pas pour rien dans le succès pédagogique de ce TBI.